The Pan American Health Organization
Promoting Health in the Americas

 

—extrait du Bulletin Epidemiologique de l'OPS. Edition complète du No. 3, Vol. 24 (Septembre 2003) disponible en anglais et en espagnol

Définition de Cas
Trypanosomiase africaine (Maladie du sommeil)

Justification de la surveillance
Le principe directeur pour la lutte contre la maladie du sommeil est de réduire le réservoir humain par le traitement des individus infectés et de diminuer le contact entre l'homme et les mouches au moyen d'une lutte antivectorielle adaptée. L'OMS appuie la démarche inter pays essentielle pour les activités de surveillance et de lutte. L'objectif de la surveillance consiste à identifier précisément et à évaluer correctement sur le plan épidémiologique tous les foyers d'endémie.

Définition de cas recommandée
Description clinique
Aux stades précoces, on trouvera parfois sur le site de morsure par la mouche tsé-tsé un chancre* douloureux, débutant par une papule, puis évoluant vers un nodule. Le malade présente parfois de la fièvre, des céphalées intenses, de l'insomnie, une adénopathie indolore, de l'anémie, un œdème local et une éruption cutanée. Au stade tardif surviennent la cachexie, la somnolence et les signes d'atteintes du système nerveux central. La maladie peut évoluer pendant plusieurs années dans le cas de Trypanosoma brucei gambiense (B56-0). Dans le cas de T. b. rhodesiense la maladie évolue rapidement et prend un tour aigu. Les deux formes sont mortelles si elles ne sont pas traitées.

Critères de laboratoire pour le diagnostic
Présomptifs : Sérologie : évaluation sur carte de la trypanosomiase (CATT) - T. b. gambiense seulement - ou épreuve d'immunofluorescence indirecte, surtout pour T. b. rhodesiense (éventuellement pour T. b. gambiense).

Confirmation : Parasitologie : détection au microscope des trypanosomes dans le sang, les ganglions lymphatiques ou les ponctions de LCR.

Classification des cas
Suspect : Cas compatible avec la description clinique et exposé au risque.**
Probable : Cas présentant un examen sérologique positif sans symptômes cliniques en l'absence d'anamnèse de diagnostic ou de traitement de trypanosomiase.
Confirmé : Cas présentant un examen parasitologique positif avec ou sans symptômes cliniques.***

Surveillance recommandée
Le système de surveillance fait appel à une définition des villages qui répartit ceux-ci en 4 classes :
1. Village au statut épidémiologique inconnu
2. Village suspect
3. Village d'endémie
4. Village d'où la maladie est absente.

Dans le cadre des programmes de lutte, la surveillance donne des données utiles sur les villages, avec la localisation géographique précise de chacun d'entre eux grâce au système de positionnement universel (GPS). Les données sont analysées en faisant appel au système d'information géographique (SIG).

Dans les zones non couvertes par les activités de lutte, la surveillance donne des informations utiles sur les cas. Les résultats des enquêtes épidémiologiques, reposant sur la microCATT sont des indicateurs de l'endémicité.

Les information recueillies au niveau des villages sont cumulées vers le niveau intermédiaire ou central, puis notifiées à l'OMS.


Minimum d'informations à recueillir
Données relatives aux villages :
Outre le nombre de cas confirmés par la parasitologie (mise en évidence de trypanosomes) et le nombre de cas probables (cas suspects avec un examen sérologique positif), le système doit donner des informations sur les points suivants :
- stratégie utilisée
- coordonnées géographiques du village (latitude, longitude)
- nom
- niveaux administratifs
- type de village
- population lors du dernier recensement, date de celui-ci, estimation de la population
- écoles (niveaux)
- infrastructures de soins (types, activités)
- sources d'eau protégées.

Analyse des données, présentation et rapports recommandés
Cartes : carte des villages et de leur statut endémique vers les niveaux intermédiaire et central.

Principales utilisations des données dans le processus décisionnel
- connaissance des zones d'endémie et des zones suspectes afin de diriger les actions de lutte
- monitorage épidémiologique des foyers d'endémie
- évaluation de l'impact des programmes de lutte.

Aspects spécifiques
- utilisation du système de positionnement universel (GPS) pour définir les coordonnées géographiques des villages
- la sensibilité des techniques parasitologiques est faible et dépend des services de laboratoire ainsi que des aptitudes du personnel.

Notes:
* Le chancre douloureux est très rare avec T. b. gambiense
** Dans de nombreux cas, au stade précoce ou au début du stade tardif de la maladie, il n'y a pas de symptômes cliniques. La suspicion repose alors sur le risque local de contracter l'affection et le contexte historique de celle-ci dans la région.
*** Les porteurs sains dont la positivité est confirmée représentent un risque majeur en santé publique. Ils constituent un réservoir de parasites, propagent la maladie et doivent être traités le plus tôt possible.

Source: “WHO Recommended Surveillance Standards, Second edition, October 1999”, WHO/CDS/CSR/ISR/99.2

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