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Article No. 3 - Vol. 28, No. 1 - Janvier 2009

8e Congrès régional d’information sur les sciences de la santé (CRICS 8)
Réunion préalable au Congrès sur la famille des classifications internationales de l’Organisation  mondiale de la santé :
Attentes de l’Amérique latine et des Caraïbes pour les prochaines révisions 

Contexte

La Famille des classifications internationales (FCI) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est un ensemble de produits qui peuvent être utilisés de manière intégrée à des fins statistiques et pour comparer les informations de santé au niveau national et international. Les classifications internationales approuvées par l’OMS facilitent le stockage, la récupération, l’analyse et l’interprétation des données et leur comparaison dans le temps, dans l’espace et entre différents types de population. (voir http://www.who.int/topics/classification/fr/)

Il existe trois classifications de référence : la CIM (classification statistique internationale des maladies et problèmes liés à la santé - voir http://www.who.int/classifications/icd/en/), la CIF (Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé - voir (en anglais) http://www.who.int/classifications/icf/en/) et la CIIS (classification internationale des interventions en santé – voir (en anglais) http://www.who.int/classifications/ichi/en/). Les autres membres de la famille correspondent à un groupe de classifications dérivées (élargissement de parties d’une classification de référence) et à un groupe de classifications connexes (dans le domaine de la santé, mais qui ne sont dérivées d’aucune autre). 

Jusqu’à la mise en œuvre de la neuvième édition de la CIM (CIM-9), il y avait des révisions décennales. De la CIM-9 à la CIM-10, la période a été longue et la mise en œuvre n’a pas été simultanée dans tous les pays, comme cela avait été le cas lors des révisions précédentes. Les coûts associés à la mise en œuvre d’une nouvelle révision ont été relevés non seulement du fait de la nécessité de disposer de copies plus nombreuses, en raison de l’élargissement de l’utilisation en morbidité, mais aussi des changements requis pour mettre à jour les logiciels des utilisateurs de la CIM. De même, un système de mises à jour de la CIM-10 a été adopté, de sorte qu’il ne sera pas nécessaire d’attendre la nouvelle révision pour introduire des modifications ou des corrections. Ce système se base sur le travail de deux instances différentes : le Groupe de référence de la mortalité (MRG selon son sigle anglais, Mortality Reference Group) et le Comité de référence pour l’actualisation (Update Reference Committee, URC), qui ont été mis en place en 1997 et 1999, respectivement, pour entamer ce processus et en assurer le suivi. (Voir (en anglais) http://www.who.int/classifications/committees/URC.pdf)    

En effet de nos jours, les classifications internationales du secteur de la santé comprennent un processus permanent de mises à jour et révisions périodiques, qui doivent accompagner tant l’évolution de la connaissance que celle de la technologie, toujours en accord avec les besoins d’utilisation des classifications. Les raisons d’une mise à jour peuvent être mineures ou majeures et incluent entre autres la nécessité de corriger ou de clarifier des termes, de refléter des changements dans la connaissance clinique des maladies ou la découverte de nouvelles maladies, le besoin d’apporter des changements structurels dans les chapitres des classifications, ou bien la nécessité de modifier une règle ou une norme de classification. (Pour davantage d’informations sur le processus de mise à jour, voir l’article dans le Vol 24, n° 2 du Bulletin http://www.paho.org/french/dd/ais/be_v24n2-classification.htm).

Deux classifications, en particulier, se trouvent actuellement en plein processus de formulation de nouvelles révisions :

 La CIM-10, Classification statistique internationale des maladies et problèmes liés à la santé, Dixième révision, avec la préparation de la CIM-11 ;

 La CIPM, Classification internationale des procédures médicales. Dans ce cas, la seule édition, des années 70, devra déjà être remplacée par une nouvelle version, déjà en cours d’élaboration, dont le nom provisoire est la classification internationale des interventions en santé (CIIS) - ICHI (International Classification of Health Interventions) en anglais. 

En septembre 2008, une réunion a été organisée (voir www.crics8.org) pour examiner les caractéristiques souhaitées par la Région de l’Amérique latine et des Caraïbes pour les nouvelles révisions de ces classifications, afin d’assurer que leurs besoins en termes d’utilisation soient pris en compte. Un autre aspect important examiné a été la question de l’utilisation de la terminologie, dans la mesure où il arrive fréquemment que les classifications internationales n’utilisent pas la terminologie la plus adéquate, ce qui est souvent aggravé par le processus de traduction de la version originale (presque toujours anglais)  dans la langue propre de chaque pays.

Les classifications de santé représentent un domaine nouveau pour le Centre d’information sur les sciences de la santé pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’OPS (BIREME) et on attendait de cette réunion préalable au Congrès qu’elle permette d’établir une meilleure collaboration entre les secteurs de la terminologie et de la classification.

Objet de la réunion préalable au Congrès

L’objet de cette réunion était d’examiner des aspects en rapport avec la préparation de la 11e Révision de la classification internationale des maladies (CIM) et la classification internationale des interventions en santé (CIIS), en élaborant des recommandations régionales que l’OPS pourrait envoyer à l’OMS, coordinatrice du processus.  

Pourquoi a-t-on besoin de la CIM-11 ?

Malgré le processus continu de mise à jour présenté plus haut, il est devenu nécessaire de préparer une 11e révision de la CIM pour différentes raisons :
• Identification de nouvelles maladies (SRAS, sous-types de VIH, grippe aviaire).
• Découverte de nouveaux marqueurs génétiques. 
• Changements de la connaissance clinique et épidémiologique (par ex. les hantavirus avec syndrome cardio-pulmonaire qui ne sont pas la même chose que les hantavirus avec syndrome rénal).  
• Nouveaux médicaments et réponses aux traitements. 
• Évolution et changements dans la terminologie, qui affectent souvent seulement une ou deux langues. 
• Compatibilité entre les membres de l’OMS-FCI - la CIM-10  a été élaborée au cours des années 80 alors que l’on n’avait pas connaissance de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF). Il est nécessaire d’harmoniser les concepts et les définitions entre les classifications.  
• Progrès plus rapides de certaines adaptations cliniques par rapport aux changements de la CIM.  
• Nécessité de procéder à certains ajustements structurels dans les chapitres de la CIM
• Insuffisances dans le processus de mise à jour (difficultés de traduction, dissémination et mise en œuvre).

Étapes pour la préparation de la CIM-11

Afin de parvenir à un développement plus vaste et cohérent de la CIM-11, l’OMS a établi un processus d’actualisation afin d’intégrer de nouvelles connaissances scientifiques et a également défini un plan systématique pour la nouvelle édition consistant à :
1. Examiner des preuves scientifiques, cliniques et de santé publique, pertinentes pour la classification 
2. Créer une première version et effectuer des essais sur le terrain
3. Établir un lien fort avec les terminologies normalisées des soins de santé.

En 2006, l’OMS a défini le calendrier suivant:

- 2006 Consultations internationales pour le début de flux de travail multiples
- 2008 Version Alfa – Transformation de la CIM-10 + (ICD-10 Plus en Anglais) en CIM-11 (la dernière actualisation de la CIM-10 se fera en 2010)
- 2009 Commentaires et consultations
- 2010 Version Beta
- 2011 Essais sur le terrain
- 2012 Version finale
- 2014 Approbation par l’Assemblée mondiale de la santé  
- 2015 Mise en œuvre

Il convient d’indiquer qu’à la date de la réunion (septembre 2008), le processus avait déjà pris du retard sur le calendrier.

Instruments pour la préparation de la CIM-11

L’OMS a établi un processus pour la préparation de la CIM-11 qui comprend:

• URC – Update and Revision Committee (Comité d’actualisation et de révision)
• Revision Steering Group (Groupe directeur de la révision) constitué des coordinateurs des comités et groupes de référence et d’autres participants désignés.
• Topic Advisory Groups (Groupes consultatifs sur des thèmes spécifiques) : Causes externes et lésions, maladies rares, santé mentale, oncologie, médecine interne, etc. 
• Plate-forme OMS – http://extranet.who.int/icdrevision que chacun peut consulter et où chacun peut donner son avis.

Résumé des conclusions et des recommandations

CIM-11

• Elle doit maintenir comme but fondamental son utilisation dans les statistiques de mortalité et de morbidité. Il est certain que la CIM est utilisée fréquemment à d’autres fins, en rapport par exemple avec le coût des soins de santé ou avec les handicaps et l’invalidité. Toutefois, la préparation de la CIM-11 doit se focaliser sur son but original, afin d’éviter des distorsions qui pourraient énormément compliquer son utilisation.      
• S’il est vrai que des changements et des mises à jour sont nécessaires, la structure et l’organisation de base de la CIM-10 doivent toutefois être maintenues, de sorte que les changements ne fassent pas obstacle à la continuité des séries historiques.
• Les adaptations nationales (modifications cliniques, telles que l’ICD-10-CM des États Unis ou l’ICD-10-AM de l’Australie) doivent être autorisées par l’OMS avec des règles claires pour leur élaboration, faute de quoi, chaque pays qui a sa propre adaptation nationale aura tendance à chercher à inclure des détails qui présentent un intérêt pour lui dans la CIM-11, ce qui risquerait d’aboutir à une classification trop vaste, compliquant son utilisation courante.
• Le premier axe pour l’organisation des accidents de transport doit être le type d’accidents et non le type de véhicule (comme cela est le cas dans la CIM-10). Du fait que le type de véhicule impliqué dans les accidents n’est pas précisé dans la majorité des cas, très souvent ce sont des codes résiduels et peu informatifs, comme « autres » ou « non spécifié » qui sont utilisés.
• Il est important d’encourager la participation d’utilisateurs de tous les pays directement ou par le biais des centres collaborateurs dans le processus d’élaboration de la nouvelle révision.
• Il faut inclure des orientations, des règles et des dispositions plus claires relatives, entre autres, à la mortalité maternelle, affection principale en morbidité et codification multiple.   
• Il faut faciliter les formes de dissémination et d’utilisation. L’un des obstacles pour la diffusion de la CIM est le manque de livres, en particulier à des prix plus abordables. Une solution proposée consisterait pour l’OMS à autoriser des organismes publics à imprimer localement la classification pour sa distribution interne dans le pays. Une autre suggestion a été de discuter de ce problème avec de grandes institutions bailleurs de fonds pour solliciter des fonds.
• Il serait intéressant de définir des recommandations sur l’utilisation de la CIM dans des systèmes électroniques de cas cliniques.
• Il est important d’élaborer du matériel de diffusion et de formation pour l’utilisation de la CIM-11 en parallèle avec l’élaboration de la classification

Terminologie

• Une présentation a été faite sur l’utilisation d’UMLS (Unified Medical Language System) pour l’intégration des terminologies et des vocabulaires comme instrument pour améliorer la CIM (exemple : inclusion de davantage de synonymes et de définitions). 
• Les versions dans les différentes langues doivent être préparées avec la participation de spécialistes pour chercher la terminologie la plus adéquate.
• Il faut favoriser la formulation simultanée dans les diverses langues en diffusant les versions préliminaires, afin d’accélérer la disponibilité de la version finale dans chacune de ces langues.

CIIS

• Il est important de disposer d’une classification internationale d’interventions/procédures/ soins de santé (pas uniquement médicaux).  
• Les objectifs de la classification doivent inclure la comparabilité statistique mais aussi les coûts et financements.
• La classification doit considérer les domaines relatifs à la prévention, au diagnostic et au traitement, y compris la réadaptation.  
• Un mécanisme de mise à jour adapté au dynamisme des progrès technologiques est nécessaire.
• Elle doit servir de matrice pouvant être détaillée pour couvrir les besoins de chaque pays mais aussi répondre aux besoins des pays qui ne sont pas en mesure de le faire.

Source: Article prepare par le BIREME a partir du Rapport du 8e Congrès régional d’information sur les sciences de la santé (CRICS 8), Réunion préalable au Congrès sur la famille des classifications internationales de l’Organisation  mondiale de la santé: Attentes de l’Amérique latine et des Caraïbes pour les prochaines révisions. BIREME/OPS/OMS, Novembre 2008

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