Prévention et Contrôle des Maladies / Maladies Transmissibles / Maladies Émergentes et Réemergentes
Mission d'investigation d'une rumeur d'épidémie à Ca Pierre, commune de Fon Batis, 7ème section communale d'Arcahaie, Haïti: Rapport final(Xavier Simon, OPS-Haïti, juin 2004) | ||
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- Historique de la rumeur Rapport en PDF (3 pages, 153 KB)
Sommaires: Contact à l'OPS-Haiti: Dr. Pascal Frison, Épidémiologiste |
La mission s'est déroulée les 17 et 18 juin 2004. L'équipe enquêtrice était composée de trois (3) personnes:
La zone d'investigation se situe dans la 7ème section communale de Arcahaie, précisément dans la localité de Ca Pierre. Cette localité se situe à 100 Km de Port au Prince par la route nationale #1. Après la localité de Montrouis, la route devient très accidentée, et 20 kilomètres de piste en mauvais état sont nécessaires pour rallier la localité de Ca Pierre, située a 1200m d'altitude.
Deux ONG haïtiennes travaillent sur la localité. Il s'agit de:
Le dispensaire de SADA dispose de 5 personnels (1 infirmière, 1 auxiliaire, 2 aides pharmaciennes et 1 superviseur terrain). Le dispensaire vise essentiellement la santé mère enfant, avec des actions spécifiquement orientées sur les femmes en pré et post-natal. A noter que le dispensaire doit intervenir en tant que centre VCT dès l'année 2004. Si des références sont nécessaires, les patients se rendent à St Marc, Port au Prince ou Matheux (proche d'Arcahaie). Le médecin épidémiologiste de l'OPS/OMS a été alerté par la directrice de PCH le mercredi 16 juin 2004 en fin de matinée. Selon ses informations, 11 personnes étaient décédées et 84 consultations avaient été réalisées au dispensaire les 3 premiers jours de la semaine du 14 juin 2004 (à titre de comparaison, le nombre de consultations hebdomadaires n'excède pas 20 patients en période normale). La majorité de ces patients se plaignaient de fièvres, vomissements et diarrhées. Il est alors décidé de dépêcher une équipe sur place avec un représentant du MSPP, et le concours technique et logistique de l'OPS/OMS le 17 juin 2004. Objectifs de la mission réalisée les 17 et 18 juin 2004
Confirmation d'une flambée épidémique Un médecin dépêché par SADA au dispensaire dans la semaine du 14 juin confirme l'éclosion épidémique. Les premiers signes sont des céphalées et des fièvres, suivies de maux de ventre, diarrhées et vomissements, dans la majorité des cas. Durant la première quinzaine de juin, près de 150 cas ont été traités dans le dispensaire pour ce tableau clinique. Les cas venaient exclusivement des localités adjacentes de Ca Pierre, et plus spécifiquement de la localité de Ti Plas, ou résident une centaine de familles. Le nombre de décès parmi l'ensemble des cas traités au dispensaire est de 14, alors qu'une autre personne référée est décédée à Matheux. Les discussions avec les leaders communautaires de la localité de Ca Pierre confirment la réalité de la flambée épidémique. Description d'un tableau de fièvres, céphalées, mal de ventre et vomissements. Les premiers cas sont survenus à la mi-mai. Tous les ages sont concernés. Les décès sont survenus chez des personnes de 2 à 60 ans. Souvent, plusieurs personnes sont malades dans un même "lakou" (voisinage immédiat). Cet événement épidémiologique s'était déjà produit en 1992, ou d'après les leaders communautaires, plus de 50 personnes étaient décédées. Un questionnaire a été soumis à une quarantaine de personnes proches de certaines personnes décédées, et au dispensaire (voir annexe). La mission a apporté un support au comité d'urgence, qui avait été préalablement mis en place avec le soutien de PCH. Les personnes présentant les symptômes récurrents ont été traitées par antibiothérapie (chloramphénicol/amoxicilline). Des prélèvements sanguins ont été réalisés auprès de 12 patients. A noter qu'à notre arrivée, le dispensaire était en rupture de stock au niveau des antibiotiques, et que de nombreux patients se sont rendus au dispensaire le jeudi 17 juin et sont repartis chez eux sans pouvoir bénéficier d'un traitement adéquat. Des séances d'éducation sanitaire sur les maladies liées à l'eau et sur le traitement de l'eau de boisson a été répétée en complément des activités du dispensaire. Ces activités ont également été réalisées à la source 'Agon Jean', qui semble être l'épicentre de l'épidémie. Le comité d'urgence a également participé aux séances d'éducation à la santé, et aura en charge la diffusion des messages dans les communautés. 200 kits 'eau potable' (un par maison) ont été distribués par les membres du comité d'urgence, associant un container en plastique de 5 gallons, un demi-litre de JIF (chlore) et un compte goutte. Des prélèvements d'eau au niveau des 6 principales sources d'approvisionnement en eau de boisson de la zone ont été réalisés (Mariane, Demes, Diotte, Agon Jan, Changeman, Gwan Sous). Epidémie de typhoïde, confirmée par les examens de laboratoire réalisés au Canapé Vert (Port au Prince). Sur les 12 prélèvements sanguins, deux se sont révélés positifs à Salmonella thyphii. Sur les 6 prélèvements d'eau de boisson:
L'absence générale de latrines, le non traitement de l'eau de boisson, la non protection des sources d'approvisionnement en eau de boisson sont des facteurs qui entretiennent l'endémie dans cette zone. La principale source d'eau de boisson se situe dans une ravine. Les gens font leurs besoins dans une petite rivière qui passe sur la source, située en contrebas. A l'évidence, cette source doit être protégée. La faible accessibilité financière aux soins explique le nombre élevé de décès, dans un contexte ou les gens préfèrent mourir que de partir à l'hôpital le plus proche. Depuis le retour de la mission, les contacts ont été maintenus avec les deux organisations actives à Ca Pierre, à savoir SADA et PCH. Selon elles, il y aurait eu deux nouveaux décès sur la zone sur les dix derniers jours. Ils auraient touché des patients qui ne se seraient pas rendus au dispensaire. La structure sanitaire de SADA continue de recevoir des gens malades, présentant des symptômes identiques a ceux que nous avions identifiés (fièvre, mal de tête, diarrhées, vomissements), mais en quantité nettement moins importante (sept patients sur la dernière semaine, selon l'infirmière responsable jointe par téléphone). Ces nouveaux cas seraient liés au fait que les populations ne traitent pas l'eau systématiquement. A court terme A moyen terme
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