—extrait du Bulletin Epidemiologique de l'OPS. Edition complčte du No. 2, Vol. 24 (Juin 2003) disponible en anglais et en espagnol

Définition de Cas
Onchocercose (Cécité des Rivières)

Justification de la surveillance
L’onchocercose est endémique dans 34 pays d’Afrique, de la péninsule arabique et des Amériques. La stratégie du traitement larvicide contre les vecteurs pour interrompre la transmission a permis d’obtenir un succès exceptionnel dans la lutte contre cette maladie en Afrique de l’Ouest ; depuis 1988, on y a ajoutée le traitement par l’ivermectine, médicament sûr et efficace. En Afrique, la distribution annuelle d’ivermectine est utilisée en remplacement des activités de contrôle de la larve vecteur du Programme de Contrôle de l’Onchocercose en Afrique de l’Ouest (OCP). Elle est distribuée annuellement dans les programmes nationaux administrés par la communauté et représente à l’heure actuelle le centre du Programme Africain de Contrôle de l’Onchocercose (APOC), qui couvre tous les pays africains non-OCP (ainsi que le Yémen) où l’onchocercose est endémique. Au fur et à mesure que l’OCP arrive à son terme, il devra assurer que la détection et le contrôle de la recrudescence de l’onchocercose sont intégrés dans les services nationaux de surveillance et de contrôle et qu’ils en deviennent une fonction régulière. Le risque de recrudescence doit être maintenu au minimum.

Si l’élimination n’est pas un objectif réaliste en Afrique, il l’est dans les Amériques. L’élimination d’une population parasite d’une zone géographique définie implique l’absence de transmission soutenue jusqu’à ce que la population parasite adulte dans cette zone disparaisse naturellement ou soit exterminée par d’autres interventions. Cela devrait arriver dans les 15 ans qui suivent l’interruption de la transmission. De nombreux foyers dans les Amériques sont maintenant proches de cet objectif. L’élimination régionale de l’onchocercose sera achevée lorsque tous les pays de la Région auront certifié l’élimination de la maladie. En Amérique Latine, l’ivermectine, donnée tous les 6 mois, est à la base du plan stratégique pour l’élimination de l’onchocercose dans toutes les zones endémiques.

Définition de cas recommandée
Définition du cas clinique
Dans une zone d’endémie, personne présentant des nodules fibreux dans les tissus sous-cutanés.

Critères de laboratoire et ophtalmiques pour la confirmation :
Au moins un des points suivants
– Présence de microfilaires dans des biopsies cutanées
– Présence de vers adultes dans les nodules excisés
– Présence de manifestations oculaires typiques, telles que la kératite à points et/ou l’identification de microfilaires (par exemple sous lampe à fente de dans la cornée).

Classification des cas
Suspect : Cas répondant à la définition du cas clinique.
Probable : Ne s’applique pas.
Confirmé : Cas suspect confirmé par le laboratoire par un des critères ci-dessus.

Surveillance recommandée
Dans les zones d’endémie de l’onchocercose des Amériques
Les programmes du Mexique et du Guatemala sont parmi les plus vieux de la Région et ont identifié des foyers bien définis au travers d’évaluations réalisées au cours des 5 ou 6 dernières décennies. Tous les autres foyers connus (et communautés suspectes) dans les Amériques sont caractérisées par des évaluations épidémiologiques rapides (rapid epidemiological assessment, REA). Les REA sont basées sur la prévalence de nodules et/ou de microfilaires dans un échantillon de 30 adultes de sexe masculin ayant vécu dans la communauté pendant au moins 5 ans. La mise en place de programmes et l’évaluation de leur impact dépendent de la surveillance périodique dans les communautés sentinelles. Les communautés sentinelles sont des communautés hyperendémiques présélectionnées où sont réalisées les évaluations épidémiologiques en profondeur à intervalles réguliers ; tout d’abord avant le début du traitement, puis de nouveau après 2 ans, et enfin après cela à 4 ans d’intervalle. Ces évaluations incluent des indicateurs parasitologiques (microfilaires dans des biopsies et vers adultes dans des nodules), ophtalmologiques (microfilaires dans la chambre antérieure de l’œil et kératite à points), et entomologiques (par PCR).

La suppression de l’infectivité suite à 4 années de traitement biannuel ininterrompu implique l’absence de larves infectives (L3s) dans la population du vecteur démontrée par PCR ou quelque autre méthode valide, ainsi qu’une incidence cumulative de moins d’un cas pour 1 000 enfants de moins de 5 ans. Il est possible qu’il subsiste une population de vers adultes capables de réinitier la transmission si la pression du médicament n’est pas maintenue, même une fois que la suppression de l’infectivité a été achevée. L’interruption de la transmission sera obtenue seulement en maintenant la pression du médicament pendant toute la durée de vie du parasite adulte, c’est-à-dire 15 ans après le début des activités de traitement, avec une couverture d’au moins 85% de la population cible.

L’évaluation entomologique par PCR est recommandée pour détecter les larves parasites dans les populations de vecteurs, car l’infection humaine présente une longue période prépatente. Si des mouches positives sont détectées, des enquêtes épidémiologiques doivent êtres réalisées pour identifier et traiter les personnes infectées et la population à risque. La surveillance post-endémique doit être réalisée jusqu’à ce que l’élimination de l’onchocercose soit déclarée pour la Région.

L’Équipe Internationale de Certification est encouragée à utiliser d’autres villages (sites extra-sentinelles) pour les activités de suivi, de pré-certification et de certification.

Enquête sur les migrations :
Les programmes doivent réaliser une enquête de manière systématique afin d’écarter l’introduction de l’infection dans les zones avec potentiel de transmission (présence de vecteur) et où les migrations représentent un risque de dispersion du foyer.

Aucune surveillance active n’est réalisée dans les zones non-endémiques des Amériques.

Minimum d’information à recueillir
Dossier médical individuel au niveau périphérique
– Nom, âge, sexe, Date et nombre de cycles de traitement et nombre de tablettes reçues.

Données cumulatives à notifier
– Couverture du traitement par rapport à la population à risque.
– Prévalence et incidence (microfilaires, nodules avec ver adulte, microfilaires dans les yeux, et/ou kératite à points) dans les communautés sentinelles.
– Charge microfilarienne communautaire (CMC) dans les communautés sentinelles

Analyse des données, présentation et rapports recommandés
Graphiques : Couverture par rapport à la population cible.
Tableaux : Couverture par niveau d’endémicité.
Cartes : Couverture par zone géographique, emplacement des communautés par niveau d’endémicité, en faisant appel à l’utilisation de systèmes d’information géographique (SIG)

Principales utilisations des données dans le processus décisionnel
- Eliminer l’onchocercose en tant que maladie ayant une importance sur le plan de la santé publique et dans le domaine socio-économique
- Prévenir les recrudescences dans les zones débarrassées de l’onchocercose
- Evaluer l’efficacité des interventions

Aspects spécifiques
Des tests nouveaux, par exemple ceux basés sur la sérologie ou les essais de patchs intradermiques au citrate de diéthylcarbamazine (DEC) pourront convenir à une utilisation sur le terrain.

Source : Normes recommandées par l'OMS pour la Surveillance, Deuxième édition - juin 2000 (WHO/CDS/CSR/ISR/99.2)


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