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Le nombre des cas de choléra et des décès a continué d’augmenter en Haïti

Flambée de choléra en Haïti

Jon Andrus
Directeur adjoint
Organisation panaméricaine de la Santé
2 novembre 2010

Comme on s’y attendait, le nombre des cas de choléra et des décès a continué d’augmenter en Haïti. Les derniers chiffres du Ministère de la Santé font état de plus de 4700 cas et 337 décès.

Des cas ont été confirmés dans trois départements : Artibonite, Centre et Ouest. On enquête sur des cas présumés dans d’autres départements, Nord, Nord-Ouest et Nord-Est.

Au point où nous en sommes, le nombre précis des cas importe moins que de savoir où ils surviennent, c’est-à-dire de connaître leur répartition géographique de façon à pouvoir cibler les interventions sur les communautés qui en ont besoin.

Pour les patients hospitalisés, on indique un taux de létalité allant de 2 à 6,8 %.

Bien que le taux de létalité semblent s’être amélioré par rapport au dernier chiffre communiqué, 9 %, il est plus élevé qu’on ne s’y attendait, principalement en raison des difficultés géographiques et logistiques pour accéder aux services de santé. En d’autres termes, de nombreux patients sont arrivés trop tard aux établissements de santé pour pouvoir bénéficier du traitement qui aurait pu les sauver.

Il est très important de surveiller le taux de létalité, afin de se recentrer et de donner la priorité à la formation des agents de santé, ainsi qu’à l’assistance aux familles et aux communautés. Avec l’amélioration continuelle de la prévention et des traitements, les taux de létalité devraient continuer de baisser.

À cette fin, le Ministère de la Santé a élaboré des messages de santé et d’hygiène en créole et les a diffusés auprès du grand public. Il y insiste sur le lavage des mains, sur les règles d’hygiène et sur les mesures d’assainissement, par exemple l’évacuation correcte des excrétas humains et des ordures, la purification de l’eau de boisson en la faisant bouillir ou en utilisant des comprimés de chlore et le fait de ne consommer que des aliments cuits ou pelés.

Ces messages indiquent aussi comment préparer les sels de réhydratation orale, comment soigner, à domicile et sans danger, les patients souffrant de choléra et comment reconnaître le moment où il faut emmener les patients dans un établissement de santé.

Appliquées efficacement, toutes ces mesures permettent d’éviter que la propagation de l’infection se poursuive et que des décès continuent de se produire.

Nous avons désormais quelques informations sur la répartition des patients hospitalisés selon leur âge, au moins dans le département le plus touché, l’Artibonite. Entre le 20 et le 28 octobre, 88 % des patients hospitalisés avaient 5 ans ou plus et, donc, seulement 12 % avaient moins de 5 ans.

De plus, nous avons des informations selon lesquelles environ la moitié des décès surviennent avant que les malades arrivent à l’hôpital. Ils se produisent dans les communautés et les quartiers.

Plusieurs groupes coordonnent l’action des Nations Unies : Santé, Communication, Eau, assainissement et hygiène, Logistique, Éducation et Protection, avec le soutien du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

À la tête du groupe de la Santé, l’OPS est chargée de veiller à l’efficacité de la coordination des institutions et organisations assurant des services de santé en Haïti et à leur bonne gestion.

De nombreux pays et organismes participent à ces efforts, parmi lesquels les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, le Canada, Cuba, l’Espagne, Israël, le Pérou, l’Équateur, le Mexique, la France, le Japon, la République dominicaine et d’autres encore.

De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) participent activement à l’action, entre autres la Croix-Rouge, Médecins sans Frontières, Partenaires pour la Santé (Partners in Health).

Le Ministère de la Santé haïtien a demandé à ces partenaires de préparer un plan sur six mois au moins, décrivant leur action et leur contribution à la maîtrise de la flambée.

Le Ministère a demandé à ses partenaires de mettre en tête de leurs priorités les camps pour les personnes déplacées, particulièrement vulnérables du fait de leurs conditions de vie.

L’OPS privilégie entre autres l’intensification de la surveillance des maladies infectieuses dans ces camps, comme dans tout le reste du pays.

Nous ne pouvons pas oublier les populations vulnérables qui ne vivent pas dans ces camps et qui n’ont peut-être pas non plus accès à de l’eau potable. L’action doit être globale.

Une nouvelle grande priorité apparaissant désormais pour nous tous est de se préparer à la tempête tropicale Tomas. Nous avons reçu des rapports indiquant qu’elle a déjà eu des conséquences graves pour Ste Lucie, avec des glissements de terrain et des dégâts importants aux systèmes d’approvisionnement en eau sur cette île. 

Si cette tempête arrive sur Haïti, il est évident qu’elle aggravera encore une situation déjà difficile. Le choléra se propage avant tout par l’eau contaminée et de nouvelles perturbations dans l’approvisionnement en eau augmenteront les risques de choléra et d’autres maladies diarrhéiques à transmission hydrique.

Les mauvaises conditions sanitaires dans de nombreuses régions, s’associant aux énormes quantités de pluie et aux inondations qu’un ouragan peut entraîner dans son sillage, accélèreront très probablement la propagation de l’infection, avec une augmentation générale du nombre des cas plus prompte et plus rapide. 

À la demande du gouvernement haïtien, les équipes de l’OPS visitent actuellement les hôpitaux et les centres de traitement du choléra pour déterminer leur état de préparation à la tempête et leur fournir du matériel ou des fournitures médicales supplémentaires, voire une formation, partout où c’est nécessaire.

L’OPS cartographie les localisations et les moyens opérationnels de ces établissements, ainsi que les plans d’urgences pour la tempête, pouvant comporter le transfert des patients en lieu sûr, le cas échéant.

Même si de nombreuses précautions ont été déjà prises, il reste encore beaucoup à faire.

Comme je l’ai dit à la dernière séance d’information, la stratégie mise au point par le Ministère de la Santé haïtien pour orienter l’action s’oriente sur trois axes : premièrement la protection des familles au niveau des communautés ; deuxièmement, le renforcement des centres de soins de santé primaires ; troisièmement, la mise en place de Centres de traitement du choléra (CTC) et le renforcement des hôpitaux pour traiter les cas sévères.

Depuis le début de la flambée, l’OPS a distribué plus de 3 500 litres de solutions intraveineuses, plus de 64 000 sachets de sels de réhydratation orale et plus de 180 000 comprimés antibiotiques pour traiter les patients atteints par cette maladie.

Ces fournitures ont été distribuées par PROMESS, l’entrepôt géré par l’OPS à Port-au-Prince, près de l’aéroport, la principale source de médicaments essentiels et de fournitures médicales en Haïti.

PROMESS distribue ses réserves gratuitement ou à prix coûtant aux hôpitaux et établissements de santé dans tout le pays, y compris les nombreux établissements fonctionnant avec du personnel des organisations non gouvernementales internationales. Nous avons désormais des équipes d’Argentine et du Brésil qui aident le personnel de PROMESS à surmonter les problèmes logistiques posés par la flambée.

En collaboration avec les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et d’autres experts, l’OPS a actualisé ses lignes directrices pour l’utilisation des antibiotiques et le traitement du choléra en Haïti. Pour les adultes, elle recommande la doxycycline comme antibiotique de première intention. Pour les enfants et les femmes enceintes, elle préconise l’érythromycine et l’azithromycine.

Je vais en rester là pour pouvoir répondre à vos questions. Merci de votre attention.

Mise à jour le Mercredi, 17 Novembre 2010 15:46

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