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L’usage d’un vaccin oral peut renforcer les activités d’élimination du choléra sur l’île d’Hispaniola, selon les experts

Washington, D.C., 16 août 2012 (OPS/OMS) — On peut parvenir à éliminer la transmission du choléra sur l’île d’Hispaniola en élargissant et en maintenant l’accès à une eau potable propre et à un assainissement adéquat, selon les experts du Groupe consultatif technique sur les maladies évitables par la vaccination (GCT) de l’Organisation panaméricaine de la Santé. Des mesures complémentaires à court terme, telles que l’usage accru d’un vaccin anticholérique oral, faciliteront considérablement l’atteinte de ce but à long terme, a ajouté le groupe au cours d’une réunion tenue le 14 août 2012 au Siège de l’OPS, situé à Washington, D.C.

La réunion du Groupe consultatif technique a eu lieu dans le contexte de l’ensemble d’interventions que réalisent les gouvernements d’Haïti et de la République dominicaine, l’OPS/OMS, ainsi que d’autres organismes et partenaires à la suite de la flambée de choléra survenue en octobre 2010. Un exemple de ces mesures coordonnées est la mise sur pied, en juin dernier, de la Coalition régionale sur l’eau et l’assainissement en vue d’éliminer le choléra dans l’île d’Hispaniola, qui aide les gouvernements à harmoniser et à simplifier l’aide et les investissements internationaux concernant les infrastructures relatives à l’eau et à l’assainissement sur l’île.

Le Dr Jon Andrus, directeur adjoint de l’OPS, a ouvert la réunion en chargeant le GCT de fournir des recommandations techniques sur la vaccination anticholérique fondées sur les meilleures données scientifiques disponibles. « Si les faits pointent dans cette direction, en particulier à la lumière de l’expérience récente des projets pilotes menés sur le terrain en Haïti, nous ne devons pas laisser échapper des occasions à court terme de sauver plus de vies plus rapidement, » a-t-il déclaré. « Toutefois, il faut placer de telles mesures dans le cadre de la vision à long terme consistant à assurer une eau potable et un assainissement de bonne qualité qui arrêteront finalement la transmission du choléra sur l’île. »

Après la présentation des preuves scientifiques et des résultats de deux projets pilotes, le Groupe consultatif technique, présidé par le Dr Ciro de Quadros, a recommandé l’introduction du vaccin anticholérique oral. Cette recommandation était appuyée par des données présentées par Partners in Health et par le GHESKIO, deux organisations sanitaires non gouvernementales actives depuis longtemps en Haïti. À la suggestion de l’OPS, ces deux organisations avaient dirigé récemment des projets qui avaient réalisé une couverture vaccinale élevée — jusqu’à 90 % — pour deux doses du vaccin anticholérique oral. « Ces résultats sont très impressionnants et constituent véritablement un guide quant à ce que nous pouvons faire dans un proche avenir », a noté le Dr de Quadros.

Étant donné que les provisions actuelles de ce vaccin à l’échelle mondiale sont limitées, les experts du GCT ont aussi recommandé que cette vaccination se fasse en priorité dans les zones urbaines densément peuplées où l’accès à l’assainissement et à l’eau potable est limité, et dans les zones rurales où l’accès aux services de santé est le plus difficile. Les experts ont unanimement recommandé de tendre vers la vaccination universelle, à mesure que les fabricants accélèrent leur production dans un proche avenir. Toutefois, les experts ont noté que cela exigera de s’appliquer, de manière urgente, à mobiliser et à maintenir le flux de ressources financières, à renforcer la capacité opérationnelle et à faire en sorte que les activités de vaccination soient bien intégrées à la vision à long terme consistant à assurer une eau potable et un assainissement de bonne qualité en vue d’arrêter la transmission du choléra.

Le Groupe consultatif technique a également souligné l’importance de trouver des solutions à la pénurie mondiale de vaccin anticholérique, ainsi que la nécessité de renforcer les processus de surveillance épidémiologique, lesquels sont cruciaux pour ce qui est d’assurer la prévention du choléra et la lutte contre cette maladie. De plus, les membres du GCT ont insisté sur la nécessité de mener des recherches visant à remédier aux lacunes qui existent en matière de connaissances portant sur ce vaccin.

Les experts étaient d’accord pour dire que l’introduction du vaccin anticholérique et l’accès universel à celui-ci ne réussiront pas, en soi, à mettre fin à la transmission de la maladie sur l’île d’Hispaniola, un but qui exigera d’améliorer de façon majeure et durable l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Ils ont fait valoir qu’il est important que tous les acteurs maintiennent leur appui et leur engagement relativement à la stratégie d’intervention intégrée visant à interrompre la transmission du choléra sur l’île d’Hispaniola.

On estime que plus d’un demi-million de personnes en Haïti ont été infectées par le choléra entre octobre 2010 et juillet 2012, et plus de 7400 d’entre elles ont perdu la vie. La République dominicaine a signalé plus de 25 000 cas et plus de 400 décès dus au choléra.

Deux vaccins anticholériques oraux existent actuellement sur le marché mondial ; tous les deux exigent l’administration d’au moins deux doses, à 1-2 semaines d’intervalle, et doivent être réfrigérés durant l’entreposage et la distribution.

Les membres du Groupe consultatif technique de l’OPS sur les maladies évitables par la vaccination sont : le Dr Ciro de Quadros (président du Groupe et vice-président directeur du Sabin Vaccine Institute), le Dr Peter Figueroa (rapporteur du Groupe et médecin-chef intérimaire du ministère de la Santé de la Jamaïque), le Dr Roger Glass (Fogarty International Center, National Institutes of Health des États-Unis), le Dr Anne Schuchat (National Center for Immunization and Respiratory Diseases, Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis), le Dr Jeannette Vega (Centre d’épidémiologie et de politique de la santé, Chili), le Dr Akira Homma (Conseil de politique et de stratégie, Institut Bio-Manguinhos, Fiocruz, Brésil), le Dr Arlene King (ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Canada), le Dr Ramiro Guerrero-Carvajal (PROESA, Colombie) et le Dr José Ignacio Santos (Département de médecine expérimentale, Université nationale autonome du Mexique).

L’OPS, qui célèbre cette année son 110e anniversaire, est la plus ancienne organisation de santé publique du monde. Elle travaille de concert avec ses pays membres afin d’améliorer la santé et la qualité de vie des peuples des Amériques. Elle remplit aussi le rôle de Bureau régional pour les Amériques de l’Organisation mondiale de la Santé.

 

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Mise à jour le Lundi, 20 Août 2012 13:21

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