Pan American Health Organization

Résumé du pays: Haïti

Haïti occupe le tiers occidental de l'île d'Hispaniola, qu'elle partage avec la République dominicaine. La superficie du pays est de 27 750 km2. Sur le plan administratif, le pays est réparti entre 10 départements, 42 arrondissements, 140 communes et 570 sections communales. Les deux langues officielles sont le français et le créole (créole haïtien), ce dernier étant la langue courante.

Entre 1990 et 2015, la population a augmenté de 53,7 % et sa structure expansive s'est maintenue malgré la lenteur relative constatée parmi la population âgée de moins de 30 ans ; la population totale du pays en 2015 était de 10 911 819 habitants. La population urbaine est de 51 %. Pour la période 2015-2020, les estimations portent à 64,2 ans l'espérance de vie à la naissance.

L'évolution des indicateurs de base entre 1990 et 2015 traduit une avancée sur le plan général en dépit d'un développement limité sur les plans économique, social et sanitaire. Le coefficient de Gini était de 0,66 en 2012.

En 2014, le revenu national brut par habitant était de 820 US$ et, en raison des faibles revenus et de la longue instabilité politique et économique du pays, on relève une absence de conditions propices à un développement économique durable.

Points forts
  • Depuis le séisme de 2010, le ministère de la Santé a mis en place un modèle rénové d'organisation communautaire pour les soins de santé afin d'élargir l'accès à la santé. Son organisation est fondée sur la stratégie des soins de santé primaires et sur un réseau intégré de services de santé. Ce modèle a été mis en œuvre à titre de projet pilote dans la localité de Carrefour.
  • Au plan des opérations, les institutions sanitaires de premier niveau ont constitué un réseau pour assurer la coordination entre elles, un comité municipal de santé a été créé et des agents de santé communautaires polyvalents ont été engagés et formés. Ensuite, ils ont été dépêchés dans les collectivités avec pour mandat d'intervenir très précisément à l'intérieur d'un territoire et d'une population cible.
  • Une équipe de santé familiale, composée d'un médecin et de deux infirmières, a assuré la planification et la supervision des activités des agents de santé communautaires. Ces activités sont l'identification et le recensement précis de la population de leur ressort, la réalisation de visites à domicile et d'activités de prévention et de promotion de la santé et un travail hebdomadaire dans le réseau d'établissements de santé.
  • Les effets positifs de l'expérience d'application de ce modèle à Carrefour ont mis à jour une amélioration notable de la couverture vaccinale chez les enfants de moins de 1 an, l'augmentation des consultations aux fins de planification familiale et les soins obstétricaux en milieu institutionnel, ce qui a conduit le ministère à élargir le modèle à d'autres communes du pays.

Structure de la population d'Haïti selon l'âge et le sexe, 1990 et 2015

 CAUSES DE MORTALITÉ
Mortalité proportionnelle (% décès totaux, tous âges confondus, les deux sexes), 2004

Source : Organisation panaméricaine de la Santé. Plateforme d’information en santé (PLISA).

 SELECTION DES INDICATEURS DE BASE
Population (millions)
1990
7.1
2015
10.9
 
0
100
  • Population (millions)
  • Revenu national brut PPA (parité du pouvoir d'achat, en US$ par habitant)
  • Indice de développement humain
  • Moyenne des années de scolarité
  • Population que utilise des installations d'eau potable améliorées (%)
  • Population que utilise des installations d'assainissement améliorées (%)
  • Espérance de vie à la naissance (années)
  • Mortalité infantile (pour 1000 naissances vivantes)
  • Mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes)
  • Incidence de la tuberculose (pour 100 000 habitants)
  • Mortalité due à la tuberculose (pour 100 000 habitants)
  • Couverture du vaccin antirougeoleux (%)
  • Couverture des soins obstétriques assistés par des personnels qualifiés (%)

Remarque: les données démographiques du pays pour l'année 2015 sont tirées des estimations nationales élaborées par l'Institut haïtien de statistique et d'informatique.


Source: Division de la population et Division de statistique de l'ONU, 1990 ; Organisation panaméricaine de la Santé. Plateforme d'information en santé (PLISA), 2013, 2014 et 2015.

 DÉTERMINANTS SOCIAUX DE LA SANTÉ
  • Les inégalités sociales et sanitaires sont importantes et continuent d'augmenter. La différence entre Port-au-Prince et les zones rurales est notable.
  • Plus de six millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, qui correspond à 2 dollars US par jour. Entre 2002 et 2012, l'extrême pauvreté a baissé ; elle est passée de 31 % à 24 %, cependant près de 2,5 millions de personnes ne parviennent pas à subvenir à leurs besoins alimentaires de base. L'emploi disponible ne génère pas suffisamment de revenus pour s'extraire de la pauvreté car 45 % des travailleurs vivent avec moins de 1,25 dollar US par jour.
  • Haïti importe trois fois plus qu'elle n'exporte et ses plus importantes ressources proviennent des envois d'argent de la diaspora haïtienne (selon les calculs, 2,1 milliards US$ en 2015).
  • Le pays est exposé aux catastrophes naturelles (tremblements de terre et ouragans) et l'érosion du sol y est importante, ce qui a des effets défavorables sur l'économie. La détérioration des ressources naturelles comme le sol, l'eau et l'air a été progressive, surtout au cours des trente dernières années.
  • Les ressources en eau ne suffisent pas pour couvrir les besoins de la population, surtout les couches les plus démunies. En outre, la contamination de l'eau destinée à la consommation humaine est fréquente en raison d'une urbanisation non planifiée et de l'irruption dans des zones comprenant des sources d'eau potable.
  • En 2000, seuls 36 % de la population avaient accès à l'eau potable et 21 % à l'assainissement de base. En 2015, la couverture en eau potable est passée à 57,5 % (62,8 % dans les zones urbaines et 17,6 % dans les zones rurales) et l'assainissement à 28 %.
  • En 2012, 79 % des hommes et 74 % des femmes étaient alphabétisés et 66 % avaient achevé leurs études primaires. Moins de 10 % de la population ont achevé leurs études secondaires ou supérieures. Soixante-sept pour cent des élèves fréquentent des écoles privées ; ce chiffre est élevé car la plupart des établissements ne sont pas publics.
  • En 2012, le taux d'homicides était estimé à 10,2 décès pour 100 000 habitants. La violence domestique est courante en Haïti. En 2012, plus d'un quart des femmes âgées de 15 à 49 ans (28 %) rapportait avoir été victime de violence physique à partir de 15 ans et 13 % des femmes de ce groupe d'âge déclaraient avoir subi des sévices sexuels à un moment de leur vie.
  • Le séisme qui a frappé Haïti en 2010 a provoqué la mort de plus de 200 000 personnes et d'importants dommages dans les infrastructures nationales. Les ouragans de 2012 et de 2016 ont causé de graves dégâts dans certaines régions du pays, notamment des pertes en vies humaines et des destructions d'infrastructures, de maisons, d'arbres, de cultures et d'animaux.
  • Les foyers les plus pauvres dépensent près des trois quarts de leur revenu en produits alimentaires et ceux disposant de revenus plus élevés plus de la moitié.
  • La migration à l'intérieur du pays est constante ; en 2015, le taux d'urbanisation a dépassé 50 % de la population. L'émigration est importante, estimée à 751 245 personnes en 2015. Les revenus provenant des Haïtiens vivant à l'étranger représenteraient 35 % du PIB.
 SITUATION SANITAIRE ET SYSTÈME DE SANTÉ
  • En 2013, le taux de mortalité maternelle rapporté par le pays était, selon les estimations, de 157 décès pour 100 000 naissances vivantes. Selon les calculs de l'OMS, le taux de mortalité maternelle a chuté d'environ 630 décès pour 100 000 naissances vivantes durant la période 2005-2006 à 380 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2013. Malgré les différences entre les méthodes et les calculs, on constate une diminution marquée de cet indicateur.
  • La couverture des accouchements assistés par des personnels qualifiés est de 37,3 %. En 2013, seuls 43 % des établissements de santé proposaient des services d'aide à l'accouchement et 10 % pratiquaient des césariennes.
  • Entre 1990 et 2012, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans est passé de 156 à 88 décès pour 1000 naissances vivantes et la mortalité infantile de 122 à 59 décès pour 1000 naissances vivantes. La mortalité est plus élevée chez les enfants nés de mères possédant un moindre niveau d'instruction et économique.
  • Entre 1990 et 2015, le taux brut de mortalité a diminué de 13,1 à 8,2 décès pour 1000 habitants. Il existe peu de données disponibles sur les causes de décès car les registres des décès sont incomplets et inexacts. En 2004, on estimait à 32 % la part de décès dus à des signes et symptômes mal définis et à 20 % la part due à des maladies du système circulatoire.
  • L'épidémie de choléra a débuté en Haïti au dernier trimestre 2010 ; la maladie est aujourd'hui endémique. Au cours de l'année 2015, 36 045 cas ont été enregistrés. Le virus chikungunya est apparu en 2014, avec près de 70 000 cas présumés cette même année. Au cours des dix premiers mois de 2015, 3 036 cas de maladie à virus Zika ont été notifiés.
  • La filariose lymphatique est endémique en Haïti. Le paludisme est aussi endémique et présente des flambées épidémiques après les saisons des pluies. Les cas annuels confirmés ont diminué, qui sont passés de 37 799 en 2010 à 17 583 en 2015.
  • Le Programme élargi de vaccination a augmenté sa couverture durant ces dernières années, mais celle-ci demeure limitée. L'année 2014 marque la vérification de l'élimination de la rougeole, de la rubéole et du syndrome de rubéole congénitale.
  • La prévalence de l'infection au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) chez les adultes de 15 à 49 ans est de 2,2 %. La riposte au VIH sur le plan national s'est intensifiée au cours des dernières années et l'incidence de l'infection continue de décliner, avec une baisse de 27 % entre 2004 et 2014. Entre 2008 et 2014, le nombre de décès annuel dus au sida a diminué de plus de moitié (7 800 et 3 800 décès, respectivement).
  • Au cours de l'année 2015, 16 431 cas de tuberculose ont été enregistrés. En 2012, le taux de mortalité causée par la tuberculose était estimé à 25 décès pour 100 000 habitants.
  • Entre 1995 et 2012, la prévalence de la dénutrition chronique chez les enfants a été réduite de 38,1 % à 21,9 %. La dénutrition aiguë a diminué, de 9,4 % à 5,1 %, et l'insuffisance pondérale est passée de 27,5 % à 11,4 %. En 2012, on a constaté de l'anémie chez 65 % des enfants âgés de 6 à 59 mois et chez 49 % des femmes en âge de procréer.
  • La Politique nationale de santé (2012) est le cadre d'exécution de l'action gouvernementale en matière de santé pour les 25 prochaines années ; le Plan directeur de santé 2012-2022 établit au rang des interventions prioritaires le renforcement institutionnel, la prestation de services et l'aide sanitaire pour aborder les problèmes sanitaires prioritaires, la gestion des catastrophes, l'assainissement, la santé et enfin la protection de l'environnement.
  • Le réseau officiel de prestation de services de santé, structuré autour des 10 départements sanitaires et des 42 unités d'arrondissements de santé, compte plus de 900 institutions (38 % publiques, 42 % privées et 20 % mixtes).
  • Le premier niveau compte environ 800 centres de santé de premier et second échelons et 45 hôpitaux communautaires de référence. Le deuxième niveau compte 10 hôpitaux départementaux et le troisième est composé des hôpitaux universitaires et de quelques établissements spécialisés.
  • Le secteur privé occupe une place importante, surtout dans l'aire métropolitaine. Il comprend des établissements à but lucratif ou non et entretient peu de relations avec le secteur public. La population a largement recours à la médecine traditionnelle.
  • La part du PIB correspondant aux dépenses totales de santé a augmenté, elle est passée de 5,3 % en 1995 à 9,4 % en 2013. Les dépenses totales de santé par habitant en 1995 étaient inférieures à US$ 100 et sont passées à US$ 229 en 2014.
  • En 2014, 34,8 % des dépenses directes de santé provenaient des ménages, ce qui constitue un manque de protection financière contre les risques de santé. En 2012, deux patients pauvres sur trois ne consultaient pas en raison d'un manque d'argent.
  • En 2016, le pays comptait 23 344 professionnels de santé. Pour 10 000 habitants, il recense 1,4 médecin et 1,8 infirmier dans le secteur public et 1,0 médecin et 2,1 infirmiers dans le secteur privé. La disponibilité de ces personnels est inégale entre les départements du pays.
 RÉALISATIONS, DÉFIS ET PERSPECTIVES
  • Depuis 1990, le pays a accompli des progrès sur le plan de la santé, dont la réduction de la mortalité maternelle et infantile et l'augmentation de la couverture vaccinale.
  • Parmi les principaux défis on relève la vulnérabilité de l'environnement physique et humain, l'accès aux services de santé de qualité, la prévention et la lutte contre les maladies chroniques non transmissibles et la capacité de réaction du secteur santé face aux catastrophes et urgences de santé.
  • Le ministère a élaboré son plan directeur de santé pour orienter la gestion des services de santé à travers le pays tout entier.
  • Les ressources humaines pour la santé demeurent un important défi pour Haïti ; le pays ne compte aucune politique de ressources humaines pour la santé.
  • La création du système national unique d'informations pour la santé a permis au ministère de la Santé d'œuvrer en direction d'une harmonisation de la production de données, de la disponibilité continue d'informations fiables et globales sur l'état de santé de la population et de la réponse aux besoins d'information de ses partenaires.
  • Il est nécessaire de définir les interventions prioritaires les plus efficaces en considérant la capacité réelle du pays au niveau du financement et l'application des stratégies identifiées tout en améliorant la coordination entre les interventions.
  • Il convient d'augmenter les crédits du budget national affectés au secteur de la santé afin d'assurer la pérennité des programmes et la mise en œuvre effective des stratégies de protection sociale.
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