Port-au-Prince, Haïti, 5 juin 2026, (OPS) – À Delmas, fin mars 2026, une matinée ordinaire a basculé pour une famille lorsqu’un enfant de trois ans a été violemment mordu au visage par un chien. Au-delà de la blessure visible, un risque plus grave s’est immédiatement posé : celui de la rage, une maladie presque toujours mortelle une fois les symptômes déclarés.
« Quand je suis arrivé, j’ai vu une partie de la bouche de mon enfant était complètement arrachée. Toutes ses dents étaient visibles. J’étais tellement choqué », raconte Jean Noel Woodson, le père de l’enfant.
Dans les heures qui ont suivi, l’enfant a été pris en charge dans une structure de santé, où les premiers gestes essentiels ont été réalisés : nettoyage approfondi de la plaie, administration du vaccin antirabique et prévention du tétanos. Mais pour une exposition aussi sévère le traitement restait incomplet sans immunoglobuline antirabique, un produit rarement disponible dans le pays.
Combler une rupture dans la prise en charge
Face à cette urgence, une coordination rapide s’est mise en place entre les autorités sanitaires et l’OPS/OMS. En lien avec la Direction Sanitaire de l’Ouest et la Direction d’Épidémiologie, de Laboratoire et de Recherche (DELR), une solution a pu être identifiée grâce à la disponibilité d’immunoglobuline antirabique au sein de Médecins Sans Frontières.
« Quand on m’a dit que la rage pouvait tuer et qu’il n’existait pas de traitement une fois la maladie déclarée, je ne savais plus quoi faire. Je passais mon temps à prier et à pleurer », explique le père.
Trois jours après l’attaque, l’enfant a pu recevoir ce traitement essentiel, complétant ainsi sa prise en charge et réduisant considérablement le risque de développer la maladie.
Cette situation reflète des défis plus larges dans la riposte à la rage en Haïti, notamment la disponibilité des vaccins et des immunoglobulines, ainsi que la nécessité d’une collaboration étroite entre santé humaine et animale.
Une réponse renforcée à l’échelle nationale
C’est dans ce contexte que le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), avec l’appui de l’Organisation panaméricaine de la Santé / Organisation mondiale de la Santé, a renforcé les mesures d’urgence visant à améliorer la prise en charge des personnes exposées à la rage.
Le 14 avril 2026, 200 doses de vaccin antirabique humain offertes par la République dominicaine ont été officiellement réceptionnées à la frontière par les autorités sanitaires haïtiennes, en présence des équipes de l’OPS/OMS en Haïti et en République dominicaine.
Cette mobilisation illustre l’importance de la solidarité régionale face aux menaces sanitaires qui dépassent les frontières. Dans un contexte marqué par des contraintes importantes d’approvisionnement et d’accès aux soins, cette coopération a permis de renforcer rapidement la disponibilité des vaccins antirabiques dans plusieurs structures de santé du pays.
Prévenir des décès évitables
Au-delà de ce cas individuel, cette mobilisation rappelle qu’une réponse rapide et coordonnée peut faire la différence face à une maladie évitable mais toujours mortelle une fois les symptômes déclarés.
Elle souligne également l’importance de renforcer durablement l’accès aux vaccins, aux traitements essentiels et aux services de prévention afin de protéger les populations les plus exposées.
